Lombricomposteur : utilisation de tous les jours

Utilisation quotidienne d'un lombricomposteur

Le lombricompostage n’est en soi, pas quelque chose de compliqué. Néanmoins, pour que le lombricomposteur puisse tourner à plein régime et correctement, je vais vous partager mes premières expériences.
Rendez-vous en fin d’article où je citerai la plupart des sources que je consulte lorsque j’ai des questions.

Comment ça marche un lombricomposteur ?

Le lombricomposteur est un dispositif ayant pour fonction de digérer les déchets organiques grâce à des vers de composts. Ces vers ne sont pas des lombrics comme le nom du dispositif pourrait le laisser entendre.
3 espèces communes sont utilisées pour le lombricompostage :

  • lEisenia Andrei,
  • l’Eisenia Foetida (ver de fumier)
  • l’Eiseinia Hortensis.

Ce sont des vers qui aiment les déchets et qui ont un sacré appétit. Ils mangent en moyenne jusqu’à la moitié de leur poids par jour. Lorsque toutes les conditions sont réunies, ils peuvent dévorer jusqu’à leur poids de déchets végétaux par jour. Balèzes les ptits loups.

Revenons-en au lombricomposteur. C’est généralement un ensemble de plateaux / compartiments que l’on vient poser sur un bac de récupération de jus (lombrithé) et que l’on couvre d’un couvercle. On commence par un seul étage. Quand ce dernier est plein, on ajoute un nouvel étage. Lorsque le troisième étage est prêt, on peut récolter le compost du premier.

Dans un lombricomposte en bonne santé, les vers vont se reproduire grâce à l’apport en nourriture. Ces derniers régulent leur population en fonctions de nombreux facteurs dont la quantité de nourriture et l’espace disponible.

En fonction de l’humidité dans votre lombricomposteur, la quantité de lombrithé peut varier et apparaître des la deuxième semaine. Mon lombricomposteur n’a pas de lombrithé car j’apporte beaucoup de matière carbonée pour réguler le taux d’humidité. Ainsi l’environnement reste humide, tout en restant aéré. Le compost est léger et ne forme pas de boue.

Lombricomposteur plein et en conne santé

Comment commencer avec son lombricomposteur

Cette phase est très importante. Si le composteur n’est pas lancé correctement, il se peut que vos vers meurent. Vous aurez à tout recommencer depuis le début et aurez sur la conscience un génocide de vers.

Réunir les meilleures conditions possibles

Il est important de comprendre une chose : les vers sont fragiles et sensibles aux variations, bruits, vibrations…
Les conditions optimales pour leur vie se situent entre 15° et 25°C. Jusqu’à 0°, leur métabolisme ralenti. En dessous, ils meurent. Au dessus de 30°, le risque est le même. Je vous déconseille donc de les mettre sur un balcon, comme nombre d’entre vous l’avez espéré. Préférez dans l’appartement/la maison, dans une cave ou un garage qui n’est pas exposé aux fortes chaleurs/gelées.

J’ai choisi de le mettre dans le salon afin de pouvoir le surveiller durant sa phase d’amorçage.

Démarrer progressivement et en douceur

Préparer son lombricomposteur : la litière

Il existe plusieurs méthodes pour préparer le dispositif. Je vais vous présenter les 2 car la deuxième méthode vous servira pour l’ajout de nouveaux plateaux.

Méthode 1 : Vous possédez une brique déshydratée de fibres de coco.

La litière réalisée avec la fibre de coco est, pour ainsi dire, « clé en main ». Elle est généralement fournie sous une forme déshydratée avec votre lombricomposteur lors de son achat. Fournie avec un mode d’emploi, il suffit de respecter les règles d’humidifications pour que la brique se délite.
Le mélange obtenu aura une consistance parfaite et légère pour accueillir vos vers. Respectez à la lettre les dosages recommandés sur la notice de votre brique. Il serait dommage de noyer vos vers dans une litière trop humide.

Préparation d'une litière en fibre de coco pour le lombricomposteur

Enfin, déposez de grands morceaux de carton sur le fond du premier plateau. Ce dernier évite que la litière et les vers ne tombent dans le bac à jus. Versez la litière de façon homogène sur le carton. Vous venez de préparer un petit nid douillet à vos vers.

Fond de plateau avec un carton
Vers sur leur litière dans un lombricomposteur
Methode 2 : Fabrication d’une litière maison.

Cette méthode requiert plus d’investissement de votre part. Elle permet par contre de recycler davantage de déchets carbonés. Faites des bandes assez fines de papier journal / carton fin / papier craft. Si vous possédez un destructeur à papier, la découpe proposée est idéale. Une fois que vous avez de quoi remplir un seau de 5l, humidifiez le tout à l’aide d’un pshit pshit.

Le reste de la methode est la même. Déposez du carton au fond de votre premier plateau et étalez la litière maison.

La litière doit faire au minimum 5cm d’épaisseur. Déposez les vers sur le plateau avec leur litière de transport.

Couvrez enfin le plateau avec un tapis / matelas d’humidification. Ces derniers sont généralement en chanvre. Si vous n’avez pas cela, posez une serpillère, un vieux t-shirt en coton ou une vieille serviette en fibre naturelle. Notez que les fibres naturelles gardent bien l’eau. Elles serviront également de nourriture aux vers.

matelas d'humidité sur la litière

Refermez le couvercle.

On s’arrête là !
Les vers ont été stressés durant le transport : ils ne se sont jamais déplacés aussi vite, ont été secoués, ont ressenti plein de vibration. Leur litière d’origine est favorable à leur adaptation. Elle contient en plus une autre faune plus petite qui aura elle aussi besoin de se multiplier pour dégrader vos déchets.
Durant plusieurs jours, les plus téméraires des vers vont vouloir visiter les lieux. Un remake de la grande évasion s’apprête à être tourné chez vous. Pas de panique, ils n’iront pas à plus d’1m autour de votre lombricomposteur. Les vers craignant la lumière, n’hésitez pas à laisser la lumière allumée les premières nuits. Ou à les ramasser…

Attendez 2 ou 3 jours avant de les nourrir. Nourrissez les en petite quantité.

Durant 1 à 2 semaines, vérifiez que la litière soit toujours humide (pas gorgée d’eau svp). Pour ce faire, rien de plus simple. Soulevez le couvercle. Retournez-le. Dès le lendemain du lancement, en passant votre doigt, vous devriez voir de petites gouttelettes. Si ce n’est pas le cas, vaporisez quelques pshits (d’eau ! ).

Alimenter son lombricomposteur les premières semaines

J’insiste beaucoup sur cette phase car elle est très importante. Tous les sites, les forums que vous pourrez lire vous le souligneront. PRENEZ VOTRE TEMPS. Pourquoi ?

Un ratio de déchets trop élevé par rapport au ratio de vers est néfaste pour nos amis. Ces derniers n’auront pas le temps de décomposer correctement l’apport en matière organique. Les déchets fermenteront. Cela fera fuir les vers, dégagera une odeur nauséabonde et dégagera une forte chaleur dans le composteur. En d’autre terme, leur milieu se dégradera fortement.

Apport progressif de déchets végétaux

Mes conseils & astuces

  • Débitez les déchets végétaux en petits morceaux : 2 à 5 cm maximum. Tout ce qui est épais mérite d’autant plus d’être découpé comme les peaux de banane (une paire de ciseaux et hop, en 5 secondes c’est fait).
  • Munissez-vous de 2 ou 3 récipients pour cuisiner :
    • Une boîte avec un couvercle pour les épluchures et autres déchets végétaux,
    • un bol en porcelaine/céramique et autre matière pouvant aller au four. Ce bol vous permettra de recevoir les coquilles d’oeuf. À la fin d’une cuisson dans votre four, mettez le bol dedans pour assécher les coquilles en profitant de l’inertie thermique. Je reviens sur ce point plus loin dans l’article.
    • Optionnel : une boite pour les épluchures d’ail et d’oignons qui ne vont pas dans le compost (trop acide pour les vers). Moi ça m’évite de me pencher au dessus de la poubelle 😀

La reproduction progressive des vers permettra l’augmentation de l’apport des déchets. Attendez que les premiers apports soient incorporés avant d’en ajouter. Il faut normalement 3 à 4 mois avant que votre lombricomposteur puisse accepter la totalité des déchets frais.

Les vers ne sont pas les seuls à décomposer la matière. Toute une faune va se développer dans votre lombricomposteur, comme des acariens. Je ferai un article dédié à la description de ces petites bêtes. Pas de panique, ce ne sont pas les mêmes acariens que ceux qui vous font éternuer.

Ce monde invisible doit également se développer afin de pouvoir digérer tous vos apports.

Comptez plus ou moins 2 mois pour remplir le premier plateau. Il nous a fallu 1 mois et demi.

Apporter de la nourriture aux vers

Vous trouverez dans cet article connexe une liste des aliments à ajouter ou éviter pour bien nourrir vos vers.

Je vous partage dans cet article règle essentielle.
Pour bien se dérouler, la décomposition de matière organique doit disposer de :

  • Azote. Vos déchets organiques en sont riches. Ils en font l’apport.
  • Carbone. C’est à vous d’équilibrer son apport. Il vous suffit d’ajouter du papier, du carton ou de la cellulose (boites d’œufs par exemple). Ces matériaux doivent être réduits en flocons – lamelles… afin d’être digérés facilement. En gros, apportez le même volume de carbone que de déchets verts.
  • Humidité. Elle est apportée naturellement par vos déchets végétaux.
  • Oxygène. Une astuce est de laisser le robinet de son lombricomposteur ouvert. Si vous apportez suffisamment de matière carbonée, rien ne s’écoulera d’ici. Placez un verre sous le robinet si votre lombricomposteur fabrique du lombrithé (jus).

Ceci est essentiel et évite les nuisances telles que les odeurs.

Apport d'éléments dans le compost

Bien entretenir son lombricomposteur

Vous connaissez peut-être mon amour des plantes. Je pense qu’on peut comparer le lombricomposteur à une plante. Si vous n’êtes pas prêt à vous en occuper, il va vite péricliter. Comme une plante, il faut prendre le temps de l’observer, de le regarder évoluer. Une fois apprivoisé et assuré qu’il est en bonne santé, vous pourrez davantage le laisser vivre seul. C’est ce qui explique mon choix de l’avoir dans le salon actuellement.

Si vous n’êtes pas patient, je pense qu’il peut être intéressant de doubler la quantité nécessaire en vers par rapport à ce qui est recommandé. Vous êtes seul, au lieu de prendre 250g de vers, prenez-en 500g. La faune présente dans la litière d’élevage/de transport sera aussi plus importante. Comme je le précisais, la population de vers va s’auto-réguler. Je ne peux pas vous assurer que cela fonctionnera parfaitement. C’est une déduction, rien d’empirique. Votre retour m’intéresse d’ailleurs.

À chacun sa méthode

Étant curieux et impatient, j’ai opté pour une autre méthode. J’apporte une quantité de déchets « normale » à mon lombricomposteur depuis quasiment le début. En revanche, j’aère et retourne quotidiennement les déchets afin d’éviter la fermentation. Ma population de vers ne cesse d’augmenter. Mon compost est friable, léger, tout en étant humide.
Si ma production de déchets est importante à un instant T, je conserve une partie de celle-ci dans la boite avec le couvercle afin de rationner mon apport. Les déchets commencent leur transformation dans le Tup’ en attendant que je les ajoute dans le composteur.

Récipients de cuisine pour déchets verts

Réguler l’acidité de votre compost

Certains déchets sont plus acides que d’autres (liste dans les sources). La décomposition génère également de l’acidité. Les vers ne supportent pas l’acidité, ils peuvent en mourir ou fuir vers les autres étages du lombricomposteur. Afin de contrôler le pH de votre compost, ajoutez des coquilles d’œufs réduites en poudre ou broyées finement au mélange.

Coquille d'oeuf broyée

Composées de carbonate de calcium, elles équilibreront le mélange. Plus haut je vous conseillais de les mettre au four car il est recommandé de les sécher pour mieux les broyer. Soit vous attendez 3/4 jours, soit vous profitez de l’inertie de votre four ;). Vous comprenez mieux ici l’utilité d’un récipient pouvant supporter la chaleur.

Bol pour coquilles d'œufs

Épluchures de pommes de terre

Je réserve un paragraphe à ce point car il échauffe les esprits sur les forums 😀 ! Les épluchures de pommes de terres se décomposent très difficilement. Elles sont très dures, chargée en amidon… Et pire si elles sont trop épaisses, elles germes !
J’ai pu tester 2 solutions assez efficaces pour les ajouter à mon lombricomposteur :

  • Les laisser sécher quelques jours. En séchant, elles perdent leur pouvoir de germination. L’apport ressemble plus à des copeaux de bois que j’assimile davantage à un apport carboné. Peut être que je me plante.
  • Les passer au micro-onde. Le tup’ en plastique est pratique pour celà. En les cuisant 1 minute, elles ne germeront plus. Elles gardent leur humidité qui est intéressante pour le lombricomposteur.

Les sources à consulter

Je vous invite à consulter ce PDF pour découvrir et comprendre les bases du lombricompostage. Il a été mis en place par le SYDOM du Jura, c’est super complet. Vous apprendrez quels aliments vous pouvez ou ne pouvez pas incorporer, le timing, le rôle de chaque pièce dans votre lombricomposteur etc. C’est super complet.

Une source top est le site plus2vers.com. David Régnier Garnelo, son créateur prend le temps de répondre à chacune des questions. Donc lisez aussi les commentaires qui sont de réelles sources d’informations.
Ce site permet également le don de vers ou de faire une demande de dons.

Je suis passé par la ferme du Moutta pour commander mes vers. Je pense qu’il est bien de soutenir ce type d’initiatives pour porter la filière.

J’espère que cet article répondra à un maximum de vos questions. J’en ferai d’autres à terme pour compléter celui-ci.
Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser en commentaire afin qu’elles servent à d’autres.
Si ce type de démarches vous intéresse, prenez le temps de regarder comment faire votre lessive maison ou de réaliser vos propres éponges maison. Ce sont de petits gestes gratifiants et un plus dans la gestion de votre consommation.


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