Permaculture et autonomie alimentaire, à la rencontre de Joseph Chauffrey, jardinier éclairé

Joseph Chauffery, Permaculteur propose sa vision de l'agriculture de demain
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Rencontre avec Joseph Chauffrey, jardinier amateur

ParisJeMeCasse.com est avant tout une démarche de rencontre et de découverte des autres et de leur culture.
C’est en lisant un article sur Bastamag que j’ai découvert la démarche de Joseph. Sans pesticides ni engrais chimiques, il réussit à produire environ 300kg de fruits et légumes par an dans un potager d’à peine 50m2 dans la banlieue de Rouen en suivant les principes de la permaculture. L’avenir de l’agriculture ?

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À mes yeux, la permaculture est une nécessité. Elle permet à la fois de régler une grande partie des soucis liés aux engrais, et aux pesticides. Elle est également la preuve que nous marchons sur la tête avec les modes de productions utilisés actuellement. C’est un véritable plaisir que de découvrir des acteurs tels que Joseph et d’avoir le plaisir de pouvoir vous les présenter. J’aimerais à l’avenir vous présenter ces gens plein d’idées et d’initiatives qui proposent des alternatives à ce monde fou.

Rencontre avec Joseph Chauffrey, permaculteur amateur (plus qu’éclairé).

Qui es-tu, d’où viens-tu  ?

Joseph Chauffrey : Je suis Normand de base. C’est une région que j’aime beaucoup pour son climat et la diversité de ces paysages. Je me sens bien en Normandie et je n’ai pas envie de la quitter !
J’ai suivi des études dans l’environnement. Grâce à ce cursus j’ai pu intégrer la Métropole de Rouen, au service de gestion des déchets. Je m’y suis formé au compostage. Planter, semer, repiquer je n’avais jamais fait. J’ai lu beaucoup d’ouvrages sur le jardins bio, la permaculture. Je me suis également nourri de rencontres de jardiniers. Je me suis également formé à la permaculture à la ferme du bec Helloin. C’est un lieu de production, de recherche et de transmission.

Quel message veux-tu faire passer avec ce jardin ?

Joseph Chauffrey : Mon objectif est de réussir à démontrer qu’il est possible, sur une toute petite surface urbaine et malgré un travail à temps plein, de produire intensément sur chaque m2 (jusqu’à 10 kg au m2) tout en améliorant son environnement immédiat (faune, flore, sol…). Mon jardin est un loisir pour moi. Je pense que cette pratique est accessible à tous. 

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Développes-tu des lacunes ou frustrations liées à cette activité ?

Joseph Chauffrey : Le manque de temps pour satisfaire les interrogations d’autres jardiniers. Je reçois beaucoup de sollicitations, de questions en lien avec le jardinage. Je n’arrive plus à répondre à tout le monde ! Aujourd’hui je privilégie les contacts locaux, ainsi que ceux avec la presse et les blogueurs qui offrent davantage de visibilité que les réponses aux email individuels, trop chronophages. En privilégiant ces échanges, mes réponses touchent et servent plus de monde.

Je viens de terminer la rédaction d’un bouquin pour pouvoir diffuser mes pratiques auprès d’un public très large. Mon objectif est de donner l’envie à chacun de se lancer ! Je n’ai rien à cacher et tout à partager!

Aurais-tu des conseils pour les urbains qui n’ont qu’un balcon ?

Joseph Chauffrey : La place est un véritable enjeux : personnellement je privilégie la plantation en terre, qui pose moins de problématiques d’arrosage. Les villes regorgent d’espaces verts à végétaliser. Il faut se les réapproprier. Pour végétaliser un balcon, il faut optez pour les plus grands contenants possibles afin de réduire les contraintes d’arrosage. Tout peut se cultiver en pot mais je pencherais pour des légumes perpétuels. Ils demandent peu d’entretien et offre un côté esthétique sur une plus longue période de l’année.

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On entend de plus en plus parler de permaculture, de local. Comment vois tu l’avenir et la transformation de l’agriculture ?

Joseph Chauffrey : Je vois une extrême nécessité de transformer l’agriculture. Le modèle actuel n’est pas durable et me semble s’effondrer sur lui même. Je vois l’avenir avec des fermes à échelle humaine, faisant appelle à moins d’espace et plus d’échanges. Je pense qu’il faudrait réduire et optimiser les espaces cultivés, faire du bio-intensif, permettant ainsi de réintroduire de la biodiversité sur les espaces libérés des cultures : replanter des forêts, des prairies. Cette biodiversité non cultivée – oiseaux, insectes, plantes – sert l’Homme.
Je pense également qu’il faudrait associer plusieurs compétences sur un même site : l’activité de maraîchers, d’apiculteurs, de producteurs de viandes, de fruits… la mutualisation est une force. C’est ma vision de l’agriculture de demain.

Portrait de Joseph Chauffrey

Sa démarche que l’on peut retrouver sur Facebook est admirable. À la manière du questionnaire de Proust, idée soufflée par mon amie Nadia, je te propose un autre regard sur Joseph et sa vision des choses.

Joseph Chauffrey dans son jardin

Ton mot préféré ?
“Optimiser” : parce que dans ma démarche je cherche à tout optimiser. Je ne cherche pas le rendement maximal mais l’optimisation de l’espace, des ressources – eau, lumière, mais aussi de l’effort. Ça va avec la notion de soin intensif à apporter à son jardin et ses cultures

Ton outil préféré ?
La main : c’est avec MES mains que je fais 70% des travaux au jardin ; je gratte, je plante, je fais énormément avec la main. Grâce à cet outil, on procède avec plus de finesse. En permaculture elle permet d’optimiser l’espace entre les rangs, de les resserrer…

Ta plante préférée
Je n’en ai pas : il existe des dizaines de plantes que j’adore de par leur beauté, leur originalité, leur productivité

Si tu étais une plante
Une plante grimpante qui prend de la hauteur, un concombre à confire. C’est très léger, très volubile, elle prend de la hauteur très vite et est relativement productive. Elle s’enroule sur tout ce qu’elle peut trouver. Elle est très résistante, peu de maladies ou de parasites peuvent l’impacter. J’aime son caractère opportuniste.

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Ta/tes source(s) d’inspiration ?
Elles sont multiples : les bouquins et d’autres permaculteurs. On fait régulièrement des apéro permacultures pour parler de nos envies, de ce qu’on peut faire collectivement. On échange des graines, des plants, des idées, des conseils. J’ai aussi un maître: Jean-Paul Thorez, qui m’a beaucoup aidé. Ses bouquins sont mes bibles *rire*.

Enfin, l’observation du jardin. Je regarde, je comprends les interactions qui s’y déroulent.

Quelle qualité préfères-tu chez l’homme ?
La bienveillance.

Ton souhait le plus cher ?
Que notre modèle de société se transforme ou plus modestement que notre modèle agricole se transforme, quoi que l’un n’aille pas sans l’autre. Qu’on soit en mesure, collectivement, de redonner de la place au végétal dans les milieux urbains. C’est vraiment pour ça que je réponds à des entretiens. J’espère participer à la construction d’un modèle de société offrant plus de résilience, d’humanité, de durabilité.

C’est quoi le bonheur pour toi ?
C’est d’être entouré des proches que l’on aime dans un endroit paisible, productif avec cette notion d’autonomie.

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Dès que j’ai un jardin, j’embauche Joseph pour s’en occuper, je tente de m’y mettre. Toutes mes boutures n’attendent que ça. D’ailleurs, que diriez vous d’échanger vos plans ? J’ai plein de chèvrefeuille à filer, des orchidées et des succulentes…

Plus d’infos :

Edit :

Joseph sort son premier livre !
C’est l’occasion pour toi de te documenter sur la permaculture, le jardinage. Un pas vers l’autosuffisance.

Livre de Joseph Cauffrey

Mon petit jardin en permarculture aux éditions Terre Vivante est à retrouver >>ici<<

Crédit photo : Joseph Chauffrey

 

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