Portrait – Partir de Paris pour la Normandie

Quitter Paris

Quitter Paris pour la Normandie

Le portrait que vous allez découvrir est très particulier car Amanda s’est installée seulement 6 jours avant sa réalisation ! Vous vous tâtez encore? Prenez notes !

Barfleur-quitter-parisAmanda, peux tu présenter le parcours qui a précédé ta décision de partir de Paris ?

Je m’appelle donc Amanda, j’ai 29 ans. J’ai grandi en région parisienne. J’ai réalisé mes études à Paris – LEA anglais Italien, puis j’ai passé 1 an à Londres pour un Master de Commerce International. Je suis revenue à Paris où j’ai rencontré mon mari.

J’ai commencé dans une petite boite d’import export de produits chimiques. J’ai trouvé mon travail suivant à la BNP, aux garanties internationales, en discutant avec une dame à mon arrêt de bus ! 

J’ai ensuite travaillé 3 ans au Crédit Agricole, aux affaires internationales. J’ai donc travaillé du côté client, du côté banque, et maintenant je suis au Havre et je vais commencer à chercher du travail du côté du port ! Je suis fascinée par les géants d’acier.

Tu es donc partie sans travail ?

C’est ça. Un couple de voisins nous a inspiré dans notre démarche. Lui vient d’Espagne. Ils s’y sont rencontrés. Elle est Française. Ils ont décidé de quitter la France parce qu’il ne trouvait pas de travail. Il est parti le premier, et une fois qu’il a trouvé un travail, elle l’a rejoint.

On s’est dit qu’on pourrait faire de même. Mon mari, Jean-Marie, est resté dans sa boîte. A la base on voulait partir sur Caen. Mes parents sont là-bas depuis la retraite. Nous trouvons cette région magnifique. L’entreprise de Jean-Marie nous a dit qu’il y avait du travail au Havre. Pour notre projet, il a complètement changé de métier. Il a suivi une formation de 4 mois et est désormais directeur d’agence. 

J’ai eu quelques moments de paniques, nous avions beaucoup de choses à organiser : notre déménagement, notre mariage, changer d’adresses, de job, ça faisait beaucoup ! On s’est marié tranquillement et en rentrant de notre voyage de noce, le 18 juillet, j’ai posé ma dem’ pour suivi de conjoint. Je me suis renseignée pour savoir si je pouvais avoir mes allocations chômage, et suivre son conjoint le permet ! Ca m’a rassuré. J’ai découvert que grâce au port, il y a pas mal de travail au Havre, plus qu’à Caen. J’ai fait mon mois de préavis et voilà, déménagement le 25 Aout !

Etretat-partir-de-parisEt donc aujourd’hui, comment vis tu ce déménagement ?

Encore hier je me demandais si je n’avais pas fait de bourde. Tu as des appréhensions : « est ce que je vais trouver du travail », « est ce que je vais me faire des amis », on se dit qu’on va faire du sport  – du badminton, on faisait du rock, de la danse,  on avait l’habitude de voir des amis, de se voir le soir…

J’ai lu cet article sur les peurs sur le blog et j’ai trouvé ça très juste. La je suis dans ma première semaine, j’en suis encore à chercher mes petites culottes *rires*, je dois encore trouver mes marques. Je pense que c’est normal d’avoir ces appréhensions. Je vois qu’avec son travail, Jean-Marie rencontre des collègues très sympa, qui nous invitent à faire des parties de jeux de société…

Je trouve les gens très accueillants. Ca va bien se passer. La première semaine, tu n’as pas d’habitudes sur place, tu manques de repères… il faut s’ancrer. Je suis toute seule à la maison, faire la femme au foyer ça ne va pas le faire !

On en parle souvent dans les portraits de ParisJeMeCasse.com, d’un point de vue culturel, tu n’as pas peur d’être frustrée ?

Non, pas du tout. Quand Jean-Marie m’a dit qu’il y avait des postes au Havre, je ne voulais pas y aller. Ville grise, industrielle… Puis j’ai quand même regardé, c’est très riche. Il y a pas mal de choses : le théâtre, le musée d’art moderne André Malraux (MUMA), la région est jolie, il y a pas mal de balades…

Sur ce point, je n’ai pas d’appréhension. C’est moderne, la construction date d’après guerre. Ce n’est pas un village normand aux maisons à colombages… mais on en à 10 min! C’est une ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, reconstruite sous la direction d’Auguste Perret.

Pour se faire une idée, on est allé visiter. Je pense qu’il n’y a rien de mieux à faire que de se rendre sur place pour se faire sa propre idée. Puis on s’est lancé dans l’aventure !

D’ailleurs, c’est un des berceaux de l’impressionnisme… Les paysages sont magnifiques, on passe d’un monde à un autre très facilement. De la Normandie Parisienne, BCBG, au Havre plus industriel… une autre histoire.

Le-Havre-plageQu’est-ce qui t’a fait franchir le cap de partir de Paris / Pourquoi ?

Sur la forme, le couple de voisins dont j’ai parlé précédemment. Sur le fond, un ras le bol des transports saturés. J’ai fait pas mal de crises d’angoisse ces dernières années. Pour les éviter, j’ai suivi des séances de sophrologie pendant 1 an. C’était une torture de prendre les transports. J’étais terrorisée dans le train. 

Jean-Marie en avait marre aussi, il a grandi en Eure et Loir. La vie ici ne lui convenait pas. On est parti sur un projet commun. Ca me semble plus facile pour partir à 2, quand les 2 sont d’accords.

Quelles furent tes appréhensions à partir? Te souviens tu dans quel état d’esprit tu étais ?

Quitter ma famille et mes amis! Mes frères ont prévu de venir nous voir, on se verra différemment. Pareil pour les amis que nous quittons.

Trouver un travail. Ce n’est pas encore réglé.

Rencontrer des gens aussi. mais avec le sport, le travail, les choses devraient rapidement changer. La vie associative est très riche au Havre, je pense qu’on rencontrera aussi des gens comme ça.

La météo aussi ! *rires*. Tout le monde nous dit qu’il fait plus froid ici qu’à Caen. *rires*. Les gens nous demandent si on est punis *rires*. En tout cas, quand il fait trop chaud à Paris, au Havre il fait bon. On verra si on se fait au climat !

Vois tu déjà un changement de qualité de vie ?

Oui ! On est allé au ciné, on n’était pas tassé ! On n’a pas mis 15 min pour trouver une place de parking…  Les gens sont plus cool, quand tu traverses la rue, les gens s’arrêtent ! même s’il n’y a personne derrière eux !  Les prix. Tout est moins cher, la qualité de vie est tout de même meilleure.

Tu aurais des conseils à donner aux gens qui veulent se lancer ?

Il faut se lancer, ne pas avoir de regrets. Se dire qu’on prend le risque et qu’au moins, on n’aura pas de regrets. Rien ne nous empêche de revenir. Mon conseil est de bien préparer le terrain pour se rassurer puis se lancer. Partir sans avoir de travail, pourquoi pas ! J’ai préféré sans boulot, être sur place et être disponible tout de suite.

Des lieux à recommander dans ta région ?

Les Jardins suspendus du Havre : C’est une ancienne forteresse Vauban réhabilitée en jardin botanique. Ils offrent une très belle vue sur la ville.

Le pont de normandie : C’est une très belle construction et qui est gratuite à moto !

Le reste je dois encore le découvrir *rires*.

 

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Crédit photos, Amanda DM.

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7 Commentaires

  1. […] le portrait d’Amanda, encore la preuve que de nombreuses personnes sont pleines de courages dans leurs démarches… […]

  2. […] Tu es en couple et vous n’en pouvez plus ? Je t’invite à regarder comment Amanda et Jean-Marie se sont démerdés. […]

  3. très agréable et informatif à lire. Comment se poursuis votre installation au Havre ? bravo d’avoir quitter paris !!!

    1. Bonjour Nina! Nous sommes très bien installés. Nous nous plaisons beaucoup au Havre. Nous nous plaisons tellement que nous y avons acheté un appart’ (ce qui n’était pas gagné à Paris!) et nous avons fait un joli bébé ! Les havrais sont des gens sympas et accueillants et nous nous sommes fait des amis, notamment grâce à l’association de l’AVF (Accueil des Villes Françaises). La mer est à 5 minutes à pied de chez nous, le bonheur! Nous sommes partis deux semaines en vacances et j’étais contente de revenir chez nous car la mer me manquait déjà! Les havrais adorent se retrouver sur la plage pour regarder les bateaux aller et venir. De plus, nous sommes arrivés au bon moment : Le Havre a fêté ses 500 ans cette année et il y a eu un tas d’animations, c’était génial! Bon, et pis, la cerise sur le gâteau : « Doudou » est devenu premier ministre (quelque soit notre appartenance politique, on est toujours fier d’entendre parler de « SA » ville dans la bouche du premier ministre.) Maintenant, mon congé maternité étant terminé, je me remets à la recherche d’un boulot, je serai sans doute moins bien payée qu’à Paris mais tant pis! J’ai fait mon choix. C’est rien bien comme on dit par ici! Alors, boujou!!

  4. Bonjour, moi je suis en pleine réflexion j’en ai des angoisses, je suis actuellement en region parisienne et je souhaiterais partir en Normandie à saint valery en caux exactement pour offrir une vie meilleure à mes enfants mais ce qui m’inquiète c’est que mon mari va être obligé de resté la semaine à Paris et nous rejoindre le week-end et deuxième angoisse esque je vais trouver du boulot ,j ai rdv pour visiter un appartement le 20 octobre mais tout salle fais peur avez vous été dans la même situation que moi?
    Merci Alex

    1. Hello,
      Le fait de partir n’est pas naturel pour tout le monde. Il s’agit souvent de cette fameuse zone de confort. Une fois la démarche entreprise et réalisée, tu te rendras compte que tu n’as pris aucun risque, au contraire et que tu pourras reproduire cette démarche sans souci… La normandie n’est qu’à quelques heures de Paris. Et vivant en Province, tu te rendras compte qu’en voiture, ce n’est pas grand chose.
      Tu vas d’ailleurs apprendre ce que sont les disparités entre la province et Paris. Entre les services publics en IDF et ceux d’ailleurs en France. Ca offre d’autres perspective sur ceux qui nous gouvernent ahaha.
      Sinon pour ton mari, il faut que les choses soient claires et saines entre vous. Il ne t’abandonne pas. Tu ne l’abandonnes pas. C’est un autre mode de vie. Peut-être passager, peut être sur le long terme. Il faut aborder le sujet avec les enfants aussi, leur expliquer et vous assurer que la situation ne les gêne pas.
      Le créateur de Mademoiselle.com est la semaine sur Paris, le wkd à Lille ou sont ses enfants et sa femme qui a monté son business là bas. Les choses semblent bien se passer, tu peux le découvrir dans ce podcast génial : http://www.darons.fr/fab
      Encore une fois c’est normal d’avoir des angoisses. Après ma question sera, pourquoi la Normandie et pas ailleurs si une de tes angoisses est de trouver un boulot ? Tu peux regarder ailleurs, il y a plein de coins géniaux en France pour élever ses mômes (je crois car je n’ai pas de mômes).
      Quel âge as-tu ? Qu’est-ce qui ferait que tu ne trouveras pas de job ? Es-tu OK avec le fait de gagner moins ?
      Et si tu ne trouves pas de job, quelles sont tes options ? Combien de temps pourras tu vivre dans cette situation ? Seras-tu à la rue ? Combien de temps te donnes-tu ?
      Est-ce que revenir à Paris serait un échec ?
      Je pense que si tu mets tout ça en perspective, tu sais que tu n’es pas seule. Tu as tes amis, ta famille pour t’aider quelques temps si nécessaire, et retrouver une autre situation pour mieux repartir vers ce que tu souhaites.
      En d’autres termes, partir n’est pas une prise de risque en soit, tu changes juste de cadre de vie, à quelques heures de là où tu vis actuellement. Si ça ne se passe pas comme espéré, rien ne t’empêchera de revenir à ta situation actuelle. Peut être dans une autre boîte, peut être dans un autre secteur… Et rien ne t’empêchera de retenter.

      En partant en Haute-Savoie, je n’avais pas trouvé de job, donc j’ai créé mon job en montant ma boite. C’était un autre risque, mais j’étais suffisamment motivé pour le prendre et les choses se sont bien alignées.
      Désolé pour le temps de réponse
      Titou

    2. Hello,
      Le fait de partir n’est pas naturel pour tout le monde. Il s’agit souvent de cette fameuse zone de confort. Une fois la démarche entreprise et réalisée, tu te rendras compte que tu n’as pris aucun risque, au contraire et que tu pourras reproduire cette démarche sans souci… La normandie n’est qu’à quelques heures de Paris. Et vivant en Province, tu te rendras compte qu’en voiture, ce n’est pas grand chose.
      Tu vas d’ailleurs apprendre ce que sont les disparités entre la province et Paris. Entre les services publics en IDF et ceux d’ailleurs en France. Ca offre d’autres perspective sur ceux qui nous gouvernent ahaha.
      Sinon pour ton mari, il faut que les choses soient claires et saines entre vous. Il ne t’abandonne pas. Tu ne l’abandonnes pas. C’est un autre mode de vie. Peut-être passager, peut être sur le long terme. Il faut aborder le sujet avec les enfants aussi, leur expliquer et vous assurer que la situation ne les gêne pas.
      Le créateur de Mademoiselle.com est la semaine sur Paris, le wkd à Lille ou sont ses enfants et sa femme qui a monté son business là bas. Les choses semblent bien se passer, tu peux le découvrir dans ce podcast génial : http://www.darons.fr/fab
      Encore une fois c’est normal d’avoir des angoisses. Après ma question sera, pourquoi la Normandie et pas ailleurs si une de tes angoisses est de trouver un boulot ? Tu peux regarder ailleurs, il y a plein de coins géniaux en France pour élever ses mômes (je crois car je n’ai pas de mômes).
      Quel âge as-tu ? Qu’est-ce qui ferait que tu ne trouveras pas de job ? Es-tu OK avec le fait de gagner moins ?
      Et si tu ne trouves pas de job, quelles sont tes options ? Combien de temps pourras tu vivre dans cette situation ? Seras-tu à la rue ? Combien de temps te donnes-tu ?
      Est-ce que revenir à Paris serait un échec ?
      Je pense que si tu mets tout ça en perspective, tu sais que tu n’es pas seule. Tu as tes amis, ta famille pour t’aider quelques temps si nécessaire, et retrouver une autre situation pour mieux repartir vers ce que tu souhaites.
      En d’autres termes, partir n’est pas une prise de risque en soit, tu changes juste de cadre de vie, à quelques heures de là où tu vis actuellement. Si ça ne se passe pas comme espéré, rien ne t’empêchera de revenir à ta situation actuelle. Peut être dans une autre boîte, peut être dans un autre secteur… Et rien ne t’empêchera de retenter.
      En partant en Haute-Savoie, je n’avais pas trouvé de job, donc j’ai créé mon job en montant ma boite. C’était un autre risque, mais j’étais suffisamment motivé pour le prendre et les choses se sont bien alignées.
      Désolé pour le temps de réponse
      Titou

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