Cours d’escalade en Falaise à Marseille – Essai concluant !

Essayer les cours d'escalade

Tu le sais peut-être, mais je grimpe depuis maintenant quelques années. J’ai toujours rêvé d’en prendre plein les mirettes dans un cadre à couper le souffle alors j’ai décidé de tester un cours d’escalade en falaise dans les Calanques de Marseille ! Après mon séjour à grimper en Thaïlande, il était évident que je devais me sortir les doigts du c.. avec un moniteur d’escalade.
Pour les non-grimpeurs, je vous ai partagé un lexique en bas d’article pour les termes que vous ne comprendriez pas.

Cours d'escalade aux Goudes

Pourquoi prendre un cours d’escalade en falaise

Alors que l’escalade explose dans les villes grâce à l’engouement généré par l’escalade de bloc, il n’a jamais été aussi simple de grimper en sécurité en falaise. Pas évident pour moi qui n’ai pas très confiance dans le matériel* (en fait ma manière de m’attacher, de faire mes manip’) et l’assureur.
Grimpeur de bloc sur résine, sortant ponctuellement sur le rocher, j’ai encore du mal à passer le cap d’aller grimper avec des amis en falaise. C’est un énorme travail personnel, tant sur l’égo que sur la peur de me blesser – pour ne pas dire de mourir ? – que j’ai décidé de prendre en main. Quoi de mieux que de s’offrir les services d’un moniteur diplômé d’État qui saura avec pédagogie s’adapter à mes besoins, mes appréhensions et développer mes qualités ?

Qui de mieux placé qu’un moniteur d’escalade agréé pour me partager l’ expérience, la technique, la lecture du rocher et ses subtilités ou encore la sécurité ?

Déroulé d’un cours de grimpe en couenne*

J’ai eu le plaisir d’échanger avec mon moniteur, Antoine Lorton. Par pur hasard, ce dernier est originaire de Haute Savoie. Antoine a parfaitement su s’adapter à moi. Il organise ses cours en fonction du besoin de la personne. Pour ce faire, il offre de nombreuses possibilités de cours : initiation et découverte, perfectionnement, grande voie… le tout sur mesure.

Apprendre l’escalade sur mesure

J’ai pris le luxe de prendre un cours d’une journée (8 heures !!!!) afin de profiter au maximum de son savoir-faire. Le cours s’est déroulé en 4 étapes :

  • Tour d’horizon de mes connaissances de l’escalade et de la sécurité : manip’ de corde, assurage, prises de décisions, …
  • Test de mon niveau (et au passage de ma conti* de bloqueur xD. Y’a du taff).
  • Exercices et Entraînements. Une belle école de vol pour m’apprendre à appréhender ma peur mais aussi développer la confiance envers l’autre. J’y reviendrai. Antoine a sélectionné des voies qui pourraient me faire travailler certains aspects de ma grimpe. Connaissant le terrain par coeur, c’est facile pour lui de choisir les voies qui nous conviennent le mieux.
  • Découverte du niveau supérieur. J’en ai pris des buts à me casser les dents dans du 9… (humour que seul les grimpeurs comprendront). C’est très instructif d’être encadré dans cette circonstance. Le moniteur devient guide. Moins besoin de chercher les prises ou une méthode biscornue. Les mouvements et les décisions sont limpides car il accompagne la réflexion dans le processus. Les choses paraissent évidentes, logiques (mais restent difficiles :D).

Une journée plus qu’éprouvante mais gratifiante

être accompagné d'un moniteur d'escalade

Grimper en falaise n’est pas encore une sinécure pour moi. J’ai tendance à me crisper, me raidir et donc serrer les prises plus fort. Résultat, moins de détente, plus d’adrénaline et les bouteilles en quelques secondes.

Antoine a été plus que patient avec moi, profitant de mes plombs ou de mes repos au milieu de la voie pour me partager ses connaissances sur le milieu. J’ai énormément appris sur l’histoire des Calanques, leur situation géographique, leur faune, leur flore. C’est aussi ça le luxe d’avoir un guide local pour nous faire appréhender le terrain et une pratique appart. Car l’escalade, selon moi, c’est aussi cette richesse. La rencontre de gens exceptionnels qui partagent une passion commune. Ils nous enrichissent de leurs connaissances. Antoine a cette générosité dans le partage.

Pardonnez moi je digresse. Gresse. Bon en gros en 1 heure, j’étais sec mais j’en ai pris plein les mirettes. J’ai pu profiter d’un apprentissage dans un cadre exceptionnel. Vivre une grimpe au dessus de la mer, avec le soleil et une légère brise (oui je parle bien du mistral xD ), c’est inqualifiable. J’espère que les grimpeurs de Marseille et alentours ne sont pas blasés et continuent de s’attarder sur ces paysages.

Cerise sur le gâteau, Antoine se fera le plaisir de partager une de ses adresses dont il a le secret. Un petit spot au retour des Goudes pour prendre une bière et déguster un plancha des familles… Royal !

Coucher de soleil depuis la falaise

Satisfaction d’avoir pris un cours d’escalade

Mon cerveau travaille toujours autant. Mes muscles tétanisent toujours autant. Néanmoins je sens que cette leçon m’a permis de nombreux déclics :

  • Mon approche de la falaise n’était peut être pas la bonne. J’ai davantage aujourd’hui de prendre de plaisir et peut-être délaisser davantage la performance et la progression de coté afin d’apprivoiser davantage cette pratique. Les croix, on verra plus tard.
  • Le regard d’un moniteur est super enrichissant. Tant techniquement que psychologiquement. Il permet d’avoir un autre regard sur la préhension d’une prise, de profiter d’un repos, de capitaliser sur ses forces et ses faiblesses.

Je recommencerai l’expérience.

Antoine m’a permis de grimper sur un rocher que je ne connaissais pas, avec des techniques de grimpes que je ne maîtrise pas : les « colo »*
Aux Goudes, on peut également travailler la dalle, du toit sur une roche calcaire extraordinaire.

La grimpe : travailler la confiance et le lâcher prise

Pour moi ce cours a débloqué quelque chose. L’approche d’Antoine a été une révélation et a ouvert une porte dans mon labyrinthe mental.

Ce cours m’a permis de confirmer certaines de mes connaissances techniques et d’en développer de nouvelles. Les appréhensions du vide, de la chute, du saut, de la blessure ont été réduites voire annihilées grâce à la pédagogie de mon moniteur qui a su trouver les bons mots. (En fait il s’est foutu de ma gueule toute la journée mais ça sonne moins bien :P).

C’est à la fois effrayant et grisant de se lâcher au dessus d’une la dégaine lorsque l’on grimpe en tête*. De se souvenir qu’on est à plus de 6/15/30 mètres du sol, qu’une chute non-assurée serait fatale mais que notre vie est tenue à 2 mains par son partenaire. Constater que oui, mon nœud de 8 tient. Que les spits, les dégaines ne lâchent pas. De constater qu’un grigri tient, malgré le fait que ton assureur s’est pris un rocher sur la poire et qu’il est inconscient (non je rigole).

Au delà de l’aspect relationnel et de la confiance, la grimpe peut être un booster énorme de confiance et d’estime de soi ! Le plaisir et la satisfaction de la réussite sont indescriptibles. Attention, la grimpe peut également générer pas mal de frustration !

La grimpe comme espace de méditation

Toute pratique peut offrir un espace de méditation. Je retrouvais ce moment lorsque je faisais de la moto. On ne pense à rien, on est dans sa bulle. Les pensées n’ont plus de prises sur notre esprit. La pratique est un tout. On savoure le fameux moment présent.

C’est ce que je retrouve dans l’escalade. Je suis focalisé sur moi et ma pratique. Parfois je fais face à mes démons : regard des autres, frustration et donc peur de ne pas réussir. L’escalade offre cet espace de progression, d’apprentissage sur soi et technique que d’autres ne proposent pas. Autrement dit, on se voit et on se sait progresser. L’escalade permet de se dépasser à chaque voie et chaque bloc.

Apprendre la Grimpe à Marseille

Prochaine étape : cours de grande voie ?

Héhé pourquoi pas ! Encore plus de gaz, de nouvelles manip’, encore plus de matos à gérer..
Heureusement, le moniteur est là pour ça ! Antoine m’a montré de loin certaines grandes voies à ma portée offrant une vue unique sur les Calanques. Un privilège réservé aux grimpeurs… On ne s’en plaindra pas.

Grimper dans les Calanques de Marseille

Les Calanques offrent un terrain de jeu formidable. Je reviendrai peut-être sur le sujet si j’en ai la motivation 😀 car c’est un thème sans fin. Antoine nous partage certains spots pour leur spécificité :

  • Les Goudes : offrent un spot exceptionnel. J’ai eu la chance d’y voir le coucher de soleil (on a ainsi évité les bouchons du retour).
  • Morgiou : idéal si vos partenaires ont des niveaux différent car l’offre des niveaux en falaises est très riche.
  • Sormiou : top pour débuter
  • Luminy : secteur incontournable pour la grande voie
  • Cap Canaille : grandes voies déroutantes et insolites.

Vocabulaire d’escalade

Tu débutes et n’as pas compris tous les mots que j’ai employé ? L’apprentissage de l’escalade t’intéresse, tu souhaites enrichir ton vocabulaire pour pouvoir te documenter ? Je te partage une sélection de vocabulaire de base en escalade.

Matériel d’escalade

Sache que les moniteurs d’escalade prêtent le matériel d’escalade pour leurs cours. Renseigne toi sur le matériel employé. Antoine par exemple utilise un matériel très bien entretenu et de dernière génération.

  • Baudrier ou Baudard : harnais vous reliant à la corde et assurant votre sécurité en cas de chute
  • Pontet : élément du harnais permettant l’encordement. On parle de baudrier à double pontets lorsque ces derniers sont présents sur la ceinture et sur la partie reliant et maintenant les cuisses.
  • Casque : protection pour votre tête. Utile en cas de chute mais aussi en cas de chute de pierre, que vous grimpiez ou que vous assuriez.
  • Chausson d’escalade : chaussure développée pour l’escalade. Offre une grande adhérence à la roche. Le chausson d’escalade apporte précision et technicité à la grimpe par son maintient de pied.
  • Magnésie – pof – magn‘ : Poudre blanche asséchant les mains. Contrairement à ce que dit la légende urbaine, la magn’ n’offre pas une meilleure accroche. Elle réduit le risque de glisser si on sue beaucoup des mains. Inutile donc d’en mettre des tonnes et de patiner la roche.
  • Sac à pof : poche pour contenir la magnésie lors de son ascension.
  • Système d’assurage + mousqueton à vis : Il en existe plein. La fonctionnalité sert à freiner et retenir la chute/descente du grimpeur par frottement de la corde. Le mousqueton à vis sert à le retenir en toute sécurité. La vis est indispensable pour éviter que le système ne s’échappe. (oui un mousqueton peut s’ouvrir à cause d’une mauvaise manip de corde)
  • Longe/ vache + mousqueton à vis : bout de corde servant à s’auto-assurer avec l’aide d’un mousqueton à vis.
  • Dégaine : 2 mousquetons reliés par une sangle. Relie la corde à un point de sécurité dans la paroi.
  • Corde : si tu ne sais pas ce qu’est une corde c’est problématique. En escalade on utilise une corde dynamique pour assurer. Elle s’étire pour absorber le choc d’une chute et répartir les frottements sur le cailloux. Sans ça, on se casserait le dos.

Communication en escalade

  • Sec ! ou Avale ! (à ne pas confondre avec « Je suis sec ») : demander à son assureur de tendre la corde au maximum car en général, on n’en peut plus et qu’on ne veut pas prendre un plomb ou trop descendre de là ou l’on est.
  • Prendre un plomb : chuter
  • Prendre un but : ne pas réussir son ascension
  • J’ai les bouteilles ! : avoir les avant-bras tellement gorgés d’acide lactique qu’on a du mal à fermer ses mains. Arrive après un effort soutenu ou lorsque l’on revient de chez le caviste.
  • Vaché ! : lorsque l’on attache sa longe ou sa vache avec un mousqueton à vis à un relais. On peut crier « en sécurité » aussi mais ça fait moins vrai.
  • Descends-moi : après être arrivé en haut de sa voie. Ou pas.
  • T’as apporté les bières ? : Communication pour exprimer le lien de fraternité entre les grimpeurs.
  • Non (en réponse à t’as apporté les bières). Expression du manque de considération de son partenaire de grimpe.

Technique et escalade

  • Avoir de la Conti(nuité) : pouvoir maintenir un effort longtemps (1min à 1min 30 au minimum). Différent de la Rési(stance)
  • Avoir de la rési(stance) : pouvoir tenir un effort intense et par exemple résister aux bouteilles. On appelle ça aussi l’alcoolisme.
  • Bac/ Baquet : une grosse prise bien évidente. Certains taquins ou de gros niveau qualifieront une réglette ou une scrountch de bac…
  • Contre-pointe ou spatule : utilisation inverse du talonnage. On utilise le dessus des orteils pour tenir une prise / une position.
  • Crocheter : « Crochète la scrountch » : faire un crochet avec ses orteils pour serrer une prise de pied. Ici une petite prise de pied inqualifiable autrement.
  • En tête : le premier de cordé va poser les dégaines et la corde au fur et à mesure de son ascension. Demande une maîtrise technique de l’assurage et de l’escalade.
  • En moulinette : la corde est attachée au sommet de la voie, facilitant l’ascension et réduisant les risques et les appréhensions.
  • Inversée : prise que l’on prend à l’envers donc par le dessous.
  • Jeté : technique qui demande de se lancer sur une prise généralement inaccessible autrement. En débutant on n’en rencontre rarement.
  • Réglette : petite prise plate et toute fine comme une bord de règle.
  • Repos : trouver une prise, une position dans la voie pour arrêter son effort et récupérer de manière provisoire.
  • Scrountch : petite prise difficilement qualifiable.
  • Talonner : utiliser son talon pour tenir une prise.
  • Talonne bordel : manière insistante de la part de son coéquipier d’insister sur une technique que tu devrais employer parce que, bordel, ça serait plus simple.
  • Couenne : falaise équipée de systèmes de sécurité
  • Colonette – Colo : type de formation géologique que l’on saisit en pince.

Te voilà fin prêt.e pour aller grimper à Marseille ou découvrir cette belle discipline qu’est l’escalade !

Laisser un commentaire