Partir pour un tour du monde – Entretien avec Agathe

Quitter Paris pour un Tour du Monde
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Partir pour un Tour du Monde

Cet entretien avec Agathe a une saveur très particulière car le projet de faire un tour du monde résonne en moi.  Cet entretien a été réalisé dans un cadre différent des précédents car il s’est fait à trois, entre Agathe, Nadia, et moi

Agathe a soulevé un point intéressant lors de cet échange. Elle ne quitte pas Paris sur une image négative, sur un coup de gueule. C’est une ville qu’elle aime. Je reviendrai sur ce point dans mes raisons de quitter Paris. Mais sachez que j’aime Paris. Moins les conditions et modes de vie que cette ville suscite et génère…

J’espère pouvoir vous proposer d’autres témoignages de tours du monde, chacun pour leurs raisons. En attendant, rendez-vous avec Agathe et son projet.

Agathe, partir pour un tour du monde

À la rencontre d’Agathe et de son tour du monde

J’ai 26 ans. J’ai grandi dans un cadre spirituel riche. Mon père est psy et sa démarche spirituelle est dans le soin. Ma mère a toujours eu une bienveillance naturelle envers les gens et une connexion très forte avec la natureJ’ai travaillé dans la consommation collaborative, puis pour des restaurants dans le non-alimentaire (accessoires, vaisselle).

Nadia : Pourquoi partir ?

La raison pour laquelle je pars, c’est le refus d’être enfermée, peur qui venait d’une angoisse latente de ne pas être libre. D’ailleurs mon poème préféré est Liberté de Paul Éluard. J’ai ressenti ce sentiment d’enfermement dans mon travail. J’ai également connu un choc psychologique assez dur récemment. J’ai ressenti le besoin de changer de vie, de m’échapper, mais avant ça j’avais besoin de gérer cet événement. Le négatif est derrière, l’affaire est réglée. Je vois mon départ comme une nouvelle opportunité.

Malte par Agathe

N : Comment envisages-tu la suite ?

Pour le moment je suis sous l’eau, je n’ai pas le temps temps de penser à la suite. Ce départ est très particulier pour moi. J’ai habité à l’étranger mais j’ai toujours eu des projets qui m’attendaient en rentrant.

Là je pars sans savoir ce qui va se passer ensuite, et pourtant je n’ai jamais été aussi sure de ce départ.

J’aurais pu prendre des billets d’avions pour me rendre dans tous les pays que j’ai prévu de visiter mais j’ai préféré ne prendre que des longs courriers afin d’être plus libre sur place. J’ai donc pris Paris > New Orleans, Argentine > Nouvelle-Zélande,Nouvelle-Zélande > Papouasie-Nouvelle Guinée, Papouasie-Nouvelle Guinée > Philippines et enfin Japon > Paris. Je me mets dans un cadre assez facile à transgresser.

N : Pourquoi un tour du monde et pas d’Europe ou d’ailleurs ?

Élever des chèvres dans le Larzac ne m’a jamais traversé l’esprit. *rire* Ça ne m’a jamais fait rêver car j’ai vu dans ma famille ce qu’était de gérer une exploitation agricole!

J’ai envie d’explorer. J’ai l’impression que notre “centre” peut se retrouver ailleurs, en différents lieux, que nos racines ne sont pas forcément géographiques. On peut se sentir bien dans un lieu que l’on ne connaît pas. Au delà de ça, c’est surtout à la nature en général que j’ai envie de retourner. La nature et les gens.

Paris m’épanouit au niveau des gens. Mes amis très chers sont ici. J’y ai rencontré plein de gens. La partie nature est plus difficile à trouver et aborder. Les parcs ne sont pas l’idée que je me fais de la nature pour me ressourcer *rire*.

J’aimerais découvrir les cultures différentes de la nôtre. J’ai habité 7 mois en Espagne. On est des pays frontaliers mais on a des mentalités si différentes. Ce qui paraît inné pour certains ne l’est pas pour les autres. Côtoyer d’autres nationalités permet de se rendre compte de nos différences : chacun apporte des solutions différentes à certains problèmes et toutes sont viables.

Je veux découvrir plein de façons de penser, écouter « ce qu’on veut me dire »,  savoir comment vivent les gens, et ce qui les anime.

Je veux sortir de ma zone de confort pour explorer et peut-être mieux rentrer. Pouvoir choisir ce qui me plaît le plus.

Voyage d'Agathe

N : Et toi, qu’as-tu à dire à ces gens que tu vas rencontrer ?

J’ai plus envie d’accueillir ce qu’ils vont me dire, mais aussi leur partager notre vision des choses. Je suis plus dans une démarche d’écoute (même si j’adore parler) *rire*.

Répondre à leurs questions serait un véritable plaisir, mais je cherche un schéma qui nous rapproche de l’unité. Leur dire qu’on est assez similaires sur tel ou tel point. C’est important de véhiculer un message d’Amour de nos jours. On est divisé sur plein de sujets et j’ai envie de dire qu’on est tous humains et il n’y a pas de raisons d’être séparés. C’est un peu cheesy comme punchline mais c’est un peu l’idée.

Titou : je reviens sur des questions pratico-pratiques qui font écho à nos lecteurs… Comment abordes-tu financièrement ce tour du monde ?

J’ai commencé à économiser pour mon tour du monde il y a 6 ans : j’avais prévu un voyage d’un an, plutôt type Spring Break. Quand j’ai fini mes études, mon père m’a un peu découragée en agitant la peur du trou dans le CV. Je venais de finir un stage chez L’Oréal et je suis arrivée sur le marché du travail en me disant « je ne suis pas prête à partir tout de suite ». J’ai continué à mettre de côté « au cas où ». En juin, en voyant mon compte en banque, j’avais pile ce qu’il me fallait pour partir.

Voyage en Italie - Cinque Terre

T : Tu n’as pas peur de voyager seule ?

Je suis sortie seule pour la première fois à Prague, j’avais adoré. Boire une bière seule dans un bar… Et puis j’ai parlé avec des gens. On a passé la soirée à boire des pots. J’ai réitéré l’expérience en Irlande, j’y ai vécu 2 mois. Je ne voulais pas rester chez moi, mes collocs avaient la flemme de sortir. J’y ai pris goût. C’est plus simple de sortir seule à l’étranger car tu as une légitimité. Tu parais moins suspect aux yeux des locaux.

Je continue cet apprentissage de la solitude. J’ai souvent été en coloc. Être seule m’a permis d’être bien avec moi même, même sans les autres. À mon avis, il faut l’expérimenter avant de partir, sinon ça peut être compliqué.

J’ai fait 1 semaine d’inter-rail cet été. Je pense que c’est les meilleures vacances de toute ma vie. J’adore parler aux gens que je ne connais pas. Je n’avais pas de contrainte de groupe. J’ai rencontré plein de gens. Ça m’a conforté dans l’idée que non seulement j’aimais voyager seule mais qu’en plus c’était un plaisir. Ça permet beaucoup plus de liberté que quand tu es avec quelqu’un. Tu peux tout décider sans faire en fonction des autres. Une liberté totale.

La seule personne qui te contraint quand tu es seule, c’est toi. Tes seules limites sont celles que tu te poses.

La solitude est pour moi plus une opportunité qu’une contrainte.

interrail-parisjemecasse

N : Tu vas emporter des souvenirs ?

Mes amis m’ont offert un petit carnet qu’ils ont tous signés! Et ma nièce m’a fait un dessin qui est trop beau, je vais l’emporter avec moi !

N : Les enfants ont beaucoup de place dans ton projet ?

Mon but dans la vie est de redevenir enfant. Enfant tu n’as pas de limite, une confiance absolue dans l’avenir. Tu ne te demandes pas si les choses sont possibles.  Je pense que les enfants ont cette capacité incroyable à vivre les choses avec leur coeur, sans réfléchir avec leur tête. Ils se jettent à corps perdu dans leur vie. Je trouve ça génial.

C’est un peu la raison pour laquelle, je pense, que plein de gens ne voyagent pas. On intellectualise trop les choses. Si je fais ça, je vais avoir un trou d’un an dans mon CV… on se trouve des excuses qui sont fondées mais qui imposent des limites qui pourraient être surmontées. Quand quelque chose est bien pour nous, qu’importe les obstacles on y arrive toujours.

Je sais que c’est la chose qu’il faut que je fasse. Forcément il y aura des tuiles mais aussi toujours des solutions. J’aurai vécu des trucs incroyables et c’est la meilleure façon de les vivre.

Saint Malo au bord de la mer

T : Pour toi, c’est quoi la liberté ?

L’idée que je me fais de la liberté, c’est ce moment où tu acceptes de te jeter dans la vie. Tu ne sais pas tu vas arriver, c’est juste super sympa d’être là à ce moment.

La liberté c’est accepter l’inconnu et de se dire que rien ne m’empêche d’accepter tout ce qui pourrait m’arriver. Être ouvert à tout ce qui pourrait arriver, sans stress, sans doute…

J’aime beaucoup cette citation : “Si un problème a une solution, rien ne sert de s’inquiéter. S’il n’en n’a pas, s’inquiéter ne sert à rien.”

C’est important de laisser ses angoisses autant que possible de côté. Ne pas penser en amont à ce qu’on devra réparer alors que ça n’arrivera peut être jamais.

Ce que je recherche en ce moment, c’est de ne pas avoir de maîtrise pour découvrir des choses que je serais en totale incapacité de découvrir délibérément. Je veux me dire : ça y’est, c’est ce que je cherchais.

N : Des musiques vont-elles t’accompagner ?

Parfois en me levant j’ai une chanson dans la tête. J’écoute ses paroles et souvent ça fait écho à ma journée ou ma vie. Je ne peux pas savoir ce que j’écouterai car je ne sais pas ce qui me guidera à ce moment. En revanche je crois que le silence est très important pour moi.

Merci Agathe pour ton témoignage ! N’hésitez pas à réagir dans les commentaires.
Tu souhaites toi aussi témoigner ? N’hésite pas à me contacter 🙂

Retrouvez des témoignages de personnes qui on quitté Paris pour un ailleurs en France.

Crédit Photo : AgatheD
Peter D Photography (Portrait d’Agathe)

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